4) Moulins pendants
À la fin du 12e siècle, ou au début du 13e siècle, un autre type de moulin apparaît sur la Seine et sur la Loire, le « moulin-pendu » qui permet, comme le moulin-bateau, de palier les inconvénients des importantes fluctuations de niveaux d’eau.
La maison du moulin, qui contient les meules et les mécanismes, est bâtie en hauteur sur des pilotis, en pleine eau ou appuyée à la face aval d’un pont, de manière à être hors d’atteinte des crues.
La roue placée sous le moulin, est pendue dans un cadre qui peut être levé ou descendu grâce à des « pendants » manœuvrables au moyen de vérins en bois situés dans la maison.
On peut donc régler la hauteur de la roue en fonction du niveau de l’eau. Comme pour les moulins-bateaux, les moulins-pendus étaient complétés par des duits remontant vers l’amont qui conduisaient les basses eaux vers leur coursier.
Machines assez fragiles dont les roues pouvaient être endommagées par des épaves ou des glaces dérivant au fil de l’eau, les moulins-pendus angevins ont disparu en grand nombre au 17e siècle ; quelques uns seulement ont subsisté jusqu’au milieu du 18e siècle.
En Anjou, il y'a eu plus de cinquante moulins-pendus ; six environ étaient appuyés aux Grands Ponts de Saumur ; quatorze se pressaient sur le Pont des Treilles et trois sur le Grand-Pont d’Angers ; le site le plus important était les Ponts-de-Cé qui en comptait vingt-deux ; cinq existèrent à Chalonnes-sur-Loire et trois à Montjean-sur-Loire, tandis qu’à Champtoceaux sont conservés les vestiges d’un grand bâtiment qui contenait les deux moulins banaux du lieu.

